Madagascar, terre de contrastes

En Novembre, j’ai eu la chance de m’envoler pour Madagascar pendant deux semaines, dans le cadre de mon travail. C’est l’AFDI Bretagne qui nous a accompagnés pour aller à la rencontre des groupements membres de l’APDIP, l’association paysanne locale partenaire.

Au programme : 8 jours dans la brousse dans la région du Bongolava, à l’Ouest de Tana, la capitale ainsi que des rencontres en lien avec l’APDIP et l’AFDI puis 3 jours de tourisme du côté d’Antsirabé pour se reposer un peu avant de rentrer en France.

C’est dans un contexte un peu particulier que je suis partie puisqu’en France on entendait parler des cas de pestes quasiment tous les jours. Mais peu importe, une opportunité pareille ne se représentera pas de si tôt. Ce voyage est arrivé dans une période hyper chargée côté boulot. Je n’ai donc pas du tout préparé mon départ. Pas de spoil sur le net, pas de guide papier, … Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Moi qui ai du mal à lâcher prise j’ai vraiment dû me prêter à l’exercice!

Nous arrivons sans encombre à Tana où nous sommes hébergés « Chez Jeanne » qui tient une auberge au top! Après une courte nuit nous mettons le cap à l’Ouest, ce soir nous serons à Tsiromandidy, la capitale  du Bongolava, région réputée pour ses élevages de zébus.

 

Sur la route, nous avons la chance de visiter un parc de lémuriens. Nous observerons diverses espèces toutes plus mignonnes les unes que les autres. On a envie de leur faire des câlins! Le parc est bordé d’eau. Les lémuriens en ont tellement peur que certains espèces n’en boivent même pas! Ils s’hydratent uniquement grâce à leur alimentation (fruits).

Après toutes ces mignonneries, il est temps de reprendre la route. La nuit tombe tellement tôt, conduire devient dangereux. Les feux ne fonctionnent qu’à moitié et surtout les villageois sont souvent assis au bord de la route pour discuter. J’ai serré les dents à plusieurs reprises de peur d’en écraser en route!!!

Les paysages se dessinent et sont de plus en plus désertiques. Nous pouvons constater les conséquences des multiples et trop nombreux feux de brousse. Difficile d’imaginer des forets remplies d’animaux il y a quelques centaines d’années.

C’est en début de soirée que nous arrivons finalement à Tsiro. On en a déjà pris pleins les yeux. Nous passons une soirée tranquille dans un petit restaurant local afin de reprendre des forces pour attaquer les 8 jours de brousse qui nous attendent.

5h30, le réveil sonne.

Rapidement j’ai une drôle de sensation. Habituée à porter la poisse, je m’attends au pire. Biiiim une armée de puces s’en est visiblement donnée à coeur joie toute la nuit, je suis recouverte de boutons depuis le bout des doigts jusqu’aux omoplates en passant par la paume des mains, les coudes… C’est l’horreur, mon pauvre tube anti-démangeaisons ne fera pas long feu! Je prends mon mal en patience et évite d’y penser. Quand mes compagnons de route ont vu mon dos, j’ai senti l’angoisse dans leur regard. Tant mieux, je n’ai pas de miroir!

Et par là dessus je reçois un sms de mon opérateur : vous avez dépassé votre forfait de 50euros. Bon ben c’est parti pour la deconnection totale. Je coupe mon téléphone pour les 8 prochains jours.

Nous changeons de chauffeur et de véhicule. On passe en mode 4*4.

Nous quittons la route pour la piste et apercevons rapidement nos première maisons en terre au toit de chaume. Je suis très surprise par la ressemblance entre Madagascar et le continent africain. Je ne m’attendais pas à autant de similitudes.

 

Nous arrivons dans le milieu de la journée chez Jean Claude. J’avais eu la chance de le rencontrer en Bretagne en Mai lorsqu’il était venu en « voyage découverte » en France. C’était vraiment incroyable de le voir dans son environnement : ses rizières, son élevage, sa famille, son village… Nous y avons logé deux nuits.

On a eu la chance de refaire le monde avec les hommes et les femmes du village, de les entendre chanter, d’observer leurs sourires, de participer à un match de foot… Deux jours sur l’île rouge seulement et déjà des souvenirs plein la tête!

Nous continuons à nous enfoncer dans la brousse avec le village d’Etienne. Là bas, ils nous expliqueront les problèmes d’insécurité qui les empêchent d’exercer leur activité de paysan. En effet, une véritable mafia s’est organisée autour du vol de zébus dans les villages. Des villageois sont pris en otage pour que les « dahalos » (voleurs de zébus) puissent partir avec le troupeau. C’est un véritable fléau : sans zébus, pas de fumier, donc pas de culture de riz productive. Sans zébu, pas de possibilité de transporter le matériel agricole si ce n’est à dos d’Homme. Une fois volés, les animaux sont exportés par bateau en Chine ou aux Comores. Parfois, ils sont simplement rebouclés puis abattus dans des abattoirs clandestins. On a clairement halluciné. Partout où nous passerons, on nous parlera de ces vols de plus en plus fréquents et violents.

Le point le plus reculés que nous visiterons s’appelle Kianjasoa. Vincent, le patriarche du village nous a reçus de façon très humble et très chaleureuse. Cet homme m’a beaucoup marquée. Nous aurons la chance de visiter les rizières des membres du groupement, ainsi que ses pépinières, cultures de légumes, …

L’objectif de l’APDIP est d’apporter aux paysans des nouvelles techniques culturales et de les inciter à planter plus d’arbres fruitiers, légumes… qui permettent à la fois une alimentation plus riche pour toute la famille et en même temps un second revenu en plus de la récolte du riz.

 

Et c’est dans le groupement de Foniala que nous terminerons notre périple dans la brousse. C’est Vianney, jeune étudiant en droit ayant dû revenir à la culture des terres pour subvenir aux besoins de la famille, qui nous accueille. L’orage gronde et très vite la nuit tombe. Cela ne nous empêchera pas d’échanger avec les locaux. Demain est un autre jour, nous assisterons à une réunion de l’APDIP avant de descendre vers Antsirabe où nous passerons 3 jours riches en rencontres.

Madagascar m’a profondément marquée. Un voyage dans les terres, à la rencontre de la population. Malheureusement, je ne vois pas d’espoir, ni dans les discours ni dans les visages. Madagascar, je reviendrai. 

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